Mettre en oeuvre du Cloud en semaine ou mois au lieu d’année : les vendeurs tiennent-ils leur promesse ?

Les fournisseurs du Cloud clament souvent haut et fort qu’ils peuvent mettre en œuvre des solutions complètes beaucoup plus vite que les éditeurs traditionnels. Alors info ou intox ? Dans quelles conditions, est-ce vrai?

Les conditions

Il y a quatre conditions cruciales.

  • Pas de spécifiques (ou très peu)
  • Pas de localisations (ou celles déjà connues)
  • Pas d’interface
  • Pas de reprise de données au-delà de la photo des données utilisateurs

Pas de spécifiques

La vitesse de mise en oeuvre d’une solution Cloud s’appuie sur des standards prédéfinis. Si vous voulez aller vite, ne développez pas ou le strict minimum (et c’est peut être beaucoup déjà).

Souvent, les vendeurs de SaaS fournissent des moteurs de règles pour configurer des règles métiers spécifiques. Mais pour cela, il faut les définir, les bâtir (seul ou avec l’éditeur), et les tester. Et ca prend du temps, en tout cas plus que prévu dans le planning « rapide » fourni par le vendeur. Si vous voulez de la vitesse et des spécifiques, gérez les en dehors de l’outil. Du moins au début.

Pas de localisations

Beaucoup de solutions Cloud nécessitent des adaptations aux lois du pays ou aux réglementations en vigueur dans le secteur d’activités. De nombreuses solutions fournissent de telles adaptation mais l’éditeur vous demandera souvent de confirmer qu’elles s’appliquent bien à vous. De son point de vue, il y  a tellement de lois applicables qu’il ne peut pas prendre le risque de garantir qu’il les couvre toutes. A moins d’être extrêmement spécialisé sur un sujet.

Le moteur de règles va vous permettre de configurer vos propres réglementations. L’éditeur vous fournira peut être un modèle avec des propositions issues des projets précédents dans votre secteur ou pays. Mais la validation des définitions et les tests restent de votre ressort. Et ces actions augmenteront le délai de votre projet. A nouveau, vous pouvez choisir la vitesse en gérant ces points au début hors système. (Nota : ce dernier point n’est pas ironique mais une vraie réponse d’éditeur)

Pas d’interface

Ce point rejoint le premier avec la complexité de travailler avec une autre application et de se synchroniser avec une autre équipe. A nouveau, ce travail prend du temps. Et si l’application est elle aussi dans le SaaS, vous doublez vos chances de problèmes.

Certains vendeurs Cloud vous suggèreront de livrer rapidement votre application en répliquant les données à la main pour fournir rapidement l’outil à vos utilisateurs (avec les conditions de facturation liée à l’utilisation des outils en production), et bâtir les interfaces ensuite. Cela maintient une mise en œuvre rapide même si cela augmente le coût de gestion de l’application.

Pas de reprise de données

Voici une nouvelle source de complexité puisqu’il faut modéliser comment les données historiques vont rentrer dans le nouvel outil. L’argument officiel est que le modèle est figée ce qui ne permet pas les reprises. Surtout une reprise nécessite une connaissance fine et figée des données. Les éditeurs SaaS ne sont pas confortables avec cette notion lorsqu’ils font évoluer tous les trois mois leur façon de gérer les données.

De nombreux vendeurs Cloud suggèrent donc de laisser les données historiques dans un stockage figé et de ne migrer qu’une photo à jour des données nécessaires

Conclusion

Aller vite en SaaS c’est possible en adhérant à des limites strictes! Et vous êtes le seul maitre de choisir votre vitesse. Vous pouvez aussi aller un peu moins vite et faire un peu plus si vous en avez besoin. Mais faites ce choix en conscience !

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